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Tuesday, 10 July , 2007 / ermes

Echapper à la routine


Voilà un article paru dans Le Monde du 04 juillet 2007: la recherche au service de la politique…

sida.gifDes chercheurs appellent à élargir le dépistage du VIH

Paul Benkimoun

En France, faut-il proposer, en routine, un test de dépistage de l’infection par le VIH à des personnes n’appartenant pas à des groupes dits “à risque” ? Oui, répondent des chercheurs de l’Inserm, Cyrille Delpierre, Lise Cuzin et France Lert, dans un article publié, samedi 30 juin, par le British Medical Journal. Si toutes les personnes ignorant leur statut sérologique vis-à-vis du VIH se faisaient tester, cela permettrait d’éviter chaque année 1 290 nouvelles infections par voie sexuelle en France, estiment-ils.

La France possède l’un des taux les plus élevés de dépistage du VIH, devancée seulement par l’Autriche. Les données de surveillance de l’Institut de veille sanitaire et les études de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites (ANRS) indiquent qu’en 2004 82 tests pour 1 000 habitants étaient pratiqués, avec un taux de positivité de 2,4 tests sur 1 000. Sur les 7 000 personnes pour lesquelles l’infection par le VIH est diagnostiquée chaque année, 40 % sont dépistés à un stade avancé de la maladie.

Conséquence : le risque de décéder dans les deux années suivant le diagnostic est multiplié par neuf. Cela concernerait 16 % des 1 700 décès annuels dus au sida en France. Cela aurait également des répercussions en termes de coûts de prise en charge sanitaire.

Se soumettre à un test de dépistage du VIH est surtout le fait des femmes et de personnes considérées comme ayant un risque majoré d’infection par le virus du sida : hommes ayant des relations homosexuelles, jeunes, personnes ayant plusieurs partenaires sexuels. “De ce fait, écrivent les auteurs, ceux qui sont détectés tard sont plutôt plus âgés, des hommes hétérosexuels et qui vivent en couple de manière stable et ont des enfants.” Ignorant leur séropositivité, ces personnes qui ne se font jamais dépister vont représenter durablement un risque d’infection pour leur partenaire.

Les trois chercheurs rappellent que la politique française repose sur un large accès à des conseils et aux tests volontaires, avec possibilité d’anonymat. Le dépistage est effectué en routine chez les donneurs de sang et d’organes, et systématiquement proposé aux femmes enceintes et aux personnes qui se marient ou qui sont emprisonnées. Cette offre est appuyée par des campagnes soulignant l’intérêt d’un dépistage précoce de l’infection.

“Avec la disponibilité de tests VIH de haute qualité, qui limitent le risque de faux résultats positifs, un dépistage non obligatoire systématiquement proposé à la population générale pourrait compléter l’actuelle politique de dépistage”, affirment les auteurs. L’article recommande donc aux médecins généralistes et aux médecins de travail de proposer un dépistage du VIH, dans le cadre d’actions de prévention systématiques.

Une étude sur les connaissances et les comportements menée en France en 2004 avait mis en évidence, pour la première fois depuis 1994, une augmentation de la proportion d’hommes et de femmes indiquant avoir eu de multiples partenaires au cours de l’année précédente. Un nombre croissant de ces personnes affirmaient ne pas se préoccuper du risque d’infection par le VIH et n’avaient pas effectué de test au cours de l’année écoulée.

Cela signifie que le nombre d’infections dans la population hétérosexuelle pourrait s’accroître. Les rapports hétérosexuels et homosexuels représentent les deux principales causes de nouvelles infections avec respectivement 58 % et 29 % des cas. “Une part importante de ces nouvelles infections risque d’être diagnostiquée tardivement si la politique de dépistage n’est pas modifiée”, préviennent les chercheurs. Une politique qui doit urgemment “inclure la population hétérosexuelle à faible risque d’infection mais à risque élevé de diagnostic tardif”.

L’article ne développe pas la question des migrants. En France, environ la moitié des personnes infectées par le VIH lors de rapports hétérosexuels sont originaires d’Afrique subsaharienne. Même si une enquête récente (Le Monde du 29 juin) montre que 65 % des natifs d’Afrique subsaharienne d’Ile-de-France ont déjà eu recours au test de dépistage, soit plus que la population de métropole (54 %), l’infection par le VIH est souvent découverte à un stade avancé au sein de cette population.

4 Comments

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  1. ermes / Jul 10 2007 4:41 PM

    Here is the proper link

  2. ermes / Jul 17 2007 4:07 PM

    Mexican Migrants Carry H.I.V. Home – Marc Lacey, New York Times July 17, 2007:

    “They think that because it’s the United States, it’s safer,” Dr. Torres said. “It’s their fantasy and it’s not true.”

  3. ermes / Oct 12 2007 3:17 PM

    Still Losing the AIDS Fight – Richard Holbrooke, Washington Post October 9, 2007

    (versione italish)

  4. ermes / Mar 18 2009 11:51 AM

    “Ci sono i malati e ci sono tra quelli che ti passano accanto coloro che non sanno di esserlo, visto che un terzo degli adulti è sieropositivo. In Sud Africa ogni giorno un migliaio di persone muore di epidemia e si calcola che entro il 2013 le vittime saranno cinque milioni. Il municipio della città ha già comperato mille ettari di terreno per seppellire i suoi morti. Non basteranno. Sta trattando con le società minerarie per trasformare le gallerie abbandonate in immense catacombe”.

    (Domenico Quirico, Spoon river di un continente contagiato, La Stampa 18.03.09)

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